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1-     Question usuelle : qui est SAMBA NDAR CISSE ?

 

Je suis un artiste et je vis au Sénégal, précisément à Dakar où se déroulent présentement toutes mes activités de création. Après une formation d'auditeur libre à l'ENBA (Ecole Nationale des Beaux Arts) de l'époque. il me fallait, par la suite, pour être stable professionnellement, trouver un créneau; c'est alors qu'un concours de jeunes talents était lancé par ENDA, j'avais sauté sur l'occasion et décroché ainsi mon premier contrat qui s'étala sur 3 mois. Ce fut un déclic dans ma carrière, car j'avais, par la suite, eu un deuxième contrat à l'UNIVAL (un département de l’ISRA) une structure sous la tutelle du ministère de l'Agriculture, avant d'intégrer le premier groupe de presse privée au Sénégal SUD COMMUNICATION, comme caricaturiste. 

 

2-     Je vois vos travaux dans les magazines Planète enfants et Planète jeunes comment s’est faite la rencontre ?

 

D'abord en 95 ou 96, si je ne me trompe, j'avais fait connaissance d'un certain Cristhian Jarlov qui avait facilité mon premier contact avec Planète jeunes.

A l'époque Planète enfants était en sa phase expérimentale et la rédaction recherchait un bédéiste. C'est ainsi qu'on m'avait envoyé un scénario pour une planche de bd à la dernière page de couverture, mais, comme j'étais déjà très occupé en parallèle, plus un salaire dans la presse pour un travail qui ne me laissait pas beaucoup de marge de manoeuvre; ils avaient dû confier le projet à quelqu'un d'autre. C'est bien des années plus tard, au festival d'Angoulême, dans la bulle des dix Africains sélectionnés au concours VUES D'AFRIQUE, que j'avais de nouveau renoué les contacts avec Planète jeunes à travers son D.A, Jeans louis Couturier. C'est au contact de ce dernier, d'ailleurs que, depuis, je collabore avec Planète enfants dans la rubrique Kola et Bola et Ka et Ba.

 

3-     Comment se porte la bande dessinée sénégalaise ?

 

Je serais beaucoup plus à l'aise, si la question était formulée de façon moins unilatérale, car pour moi, la bande dessinée africaine en général est encore en phase de gestation, au regard de ce qui se fait dans les grandes nations de bd que nous connaissons tous. C'est le moment où jamais, pour nous autres bédéistes africains, de taire nos divergences, de parler le même langage et de mettre les bouchées doubles, si nous voulons prendre le train (TGV) en marche.

 

4-     Pourquoi avoir choisi le dessin plutôt que le basket-ball ? Je dis cela par rapport à votre gabarit.

   

Disons que j'ai plutôt été choisi par mon métier que je préfère au basket qui, à bien y réfléchir, fait plus vivre un homme de mon gabarit. Je  n'hésiterais d'ailleurs pas une seconde à embrasser la carrière de basketteur, si l'argent était aussi important à mes yeux, car c'est un moyen rapide parmi tant d'autres de gagner de l'argent. la passion est plus forte que toutes les monnaies du monde.

 

 

  5-     Qu’est devenu Bernard Duffossé et le magazine KOUAKOU que nous avons tous connu ?

 

Bernard Duffossé, avec tout le travail qu'il a abattu de son vivant dans et en dehors du magazine kouakou, devrait servir d'exemple à tous les bédéistes. Un des précurseurs de la bande dessinée en Afrique, un grand pionnier du neuvième Art et un excellent coup de crayon. Beaucoup de dessinateurs de notre génération ne savent pas que cet homme était français à cause de son style.

 

 

6-     Quelles sont les nouvelles de PICTOON ?

 

Un projet balaise de film d'animation, le premier en Afrique de l'ouest, qui était bien parti et qui nous a tous fait rêver en un moment mais, qui a fondu comme du beurre au soleil, en un laps de temps à cause de la mauvaise foi et de l'incapacité à gérer des bailleurs de fonds.

 

7-     Quelle est la situation familiale de SAMBA NDAR CISSE ?

 

J'ai une vie tranquille à Dakar dans ma petite maison avec ma femme et mes deux enfants; une fille de quatre ans et un garçon de deux ans qui sont la prunelle de mes yeux.

 

8-     Quels sont vos projets à court moyen et long terme ?

 

Un grand chantier en perspective, mais pour l'instant, je privilégie le travail.

 

9-     Que faudrait-il à la bande dessinée africaine pour connaître le rayonnement des  bandes dessinées franco-belge et japonaises ?

 

Je l'ai dit tantôt, le miracle n'existe pas et la magie africaine n'est pas ce qui va nous permettre d'atteindre nos objectifs. Le travail est le seul moyen pouvant nous permettre de réaliser nos rêves. Ces pays que vous citez ont rêvé et ont travaillé par la suite pour occuper le rang qu'ils ont aujourd'hui.

 

10- SAMBA NDAR CISSE nous avons lu une de vos bandes dessinées contre l’excision, vous êtes un artiste engagé, mais jusqu’à quel point ?

 

Même si cela semble impossible de changer certaines habitudes et coutumes dans notre continent, mon souhait le plus grand est d'arriver par la bande dessinée à faire partie des africains qui feront bouger les choses en Afrique. Le chemin est long et truffé d'embûches, mais il vaut la peine d'être parcouru. C'est aussi pour moi une source d'inspiration inépuisable pour mes scénarios.

 

oulai